« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-07 »

22.06.2008

De bon augure

Je reviens des Boucles de la Mayenne que mon coéquipier Freddy Bichot vient de remporter. Il a pris le maillot de leader hier, à l’issue de la deuxième étape. Si un coureur de l’équipe devait prendre le maillot, c’était bien lui car c’était le local de l’épreuve. En effet, il est mayennais. L’épreuve s’est bien déroulée pour nous même si je pense que j’étais un petit peu moins bien que les semaines passées. Mais la forme va revenir, je ne me fais pas de soucis. Sinon, globalement, je suis content de mon comportement sur l’épreuve où j’ai pris la troisième place du prologue avant de finir quatrième samedi - j’ai laissé passé Freddy pour qu’il obtienne des bonifications en vue du maillot jaune-. Aujourd’hui, j’étais en tête à 50 mètres de la ligne avant de me faire déborder par deux coureurs. Mais j’avais roulé avec toute l’équipe pendant 120 bornes pour contrôler les échappés. C’est donc de bon augure pour les prochaines courses.

La semaine dernière, j’étais sur le Tour du Luxembourg où je suis arrivé avec de bonnes jambes. Malheureusement, je n’ai vraiment pas eu de chances là-bas. Lors de la première étape, j’ai lancé le sprint de loin - aux 300 mètres - et je me suis fais reprendre dans les quinze derniers mètres. Dans la deuxième, je suis rentré sur Sergey Lagutin (Cycle Collstrop) qui était échappé à l’avant mais il a fait une vague et m’a mis dans les barrières. Du coup, je n’ai fini que quatrième. Ensuite, lors de la troisième journée de course, j’ai chuté et me suis fait une entorse de la cheville qui m’a obligé à l’abandon le lendemain. Mais cela va de mieux en mieux et je ne ressens quasiment plus aucune douleur.

Quelques jours plus tard, j’ai appris ma sélection pour le Tour de France, ce qui était encore impensable il y a quelques temps. J’ai gagné à Châteaulin et j’ai montré au Luxembourg que j’étais en forme. Le manager d’Agritubel, David Fornes, était là et il a vu que j’étais dans le coup. Il m’a alors annoncé que j’étais sélectionné pour le Tour. Maintenant, mes objectifs sur la Grande Boucle sont clairs. Je vais tout jouer sur la première semaine et ensuite j’essaierai de tenir le plus longtemps possible. Jimmy Casper sera là et je pense être capable de l’emmener sur les étapes plates tandis que lui pourra toujours me placer au pied de Plumelec. On verra en fonction. Plumelec est l’étape sur laquelle je pense pouvoir briller car il n’y a pas de grosses difficultés avant le final, à part deux ou trois bosses qui ne sont pas insurmontables. L’arrivée en bosse me convient particulièrement même si l’étape est peut-être un petit peu longue. Tout cela va dépendre de la manière dont le peloton va rouler.

Demain, je vais récupérer et mardi, je ferai une sortie « cool ». Puis, je devrais faire un autre entraînement avec un peu plus d’intensité dans la semaine en vue de préparer les championnats de France. Personnellement, j’aimerai bien y faire un résultat mais notre équipe est forte. Et comme le parcours correspond plus à un coureur ayant un profil de grimpeur, je ne serai pas le coureur protégé. Je vais donc essayer d’aider des gars comme Nicolas Jalabert ou Geoffroy Lequatre qui sont en forme en ce moment.

08.06.2008

Quelque chose dont on se souviendra

Je viens de me rendre compte que je ne vous avais pas donné de nouvelles depuis fin avril. Pourtant, il s’en est passé des choses. J’ai tout d’abord repris l’entraînement depuis à peu près un mois. Les sensations étaient correctes et j’étais bien mais sur des courses de petites distances. J’ai donc dû rallonger les sorties, ce qui a été assez dur pour moi. Au-delà des cent kilomètres, j’ai eu vraiment beaucoup de mal au début, notamment à cause de douleurs au niveau des cervicales. Et puis, j’ai eu un petit coup de mieux cinq jours avant le Tour de Picardie et depuis cela va en s’améliorant.

Concernant ma toxoplasmose, je n’en ai pas encore fini puisqu’il reste encore des traces. Les anti-corps n’ont d’ailleurs jamais été aussi hauts qu’il y a quinze jours. Mais le bras de fer entre mon corps et la maladie est sur la bonne voie puisque mon corps est en train de prendre le dessus, même si cela peut encore durer une année. De toute façon, ça ne peut aller que de mieux en mieux même s’il risque d’y avoir quelques petites baisses de régime.

Après mon retour sur le Tour de Picardie, j’ai participé au Grand Prix de Plumelec, puis aux Boucles de l’Aulne où j’avais gagné l’année dernière. Je me suis dit que si j’abandonnais comme l’an passé au GP de Plumelec et que je parvenais ensuite à de nouveau gagner les Boucles de l’Aulne, ce serait quelque chose dont l’on se souviendrait toujours. Je ne suis pas du tout superstitieux mais je me suis dit que, pour la petite histoire, ce serait marrant. Côté course, j’étais là pour attendre le final, tout comme Anthony Ravard et Benoît Sinner. Il y a eu une première échappée d’une vingtaine de coureurs où figuraient Nicolas Jalabert, Eduardo Gonzalo et Benoît Sinner.

Du coup derrière, nous n’avons pas paniqué et les Bouygues Telecom, qui n’étaient représentés que par Arnaud Labbe, ont pris la course en main pour finalement revenir sur les derniers membres du groupe de tête, dont Nicolas Jalabert, à 30 kilomètres de l’arrivée. Ensuite je suis sorti dans un contre, parti à la pédale en haut de la bosse, donc avec plus de bons grimpeurs que de sprinteurs. J’ai pu compter sur l’aide de Cédric Coutouly et Christophe Moreau, présent eux aussi, pour contrer les attaques, ce qui m’a permis de préserver jusqu’à 25 kilomètres de l’arrivée. Ensuite, j’ai pu faire partie du dernier bon coup de la journée sorti à 10 kilomètres du but. Dans le sprint final, Nico Sijmens était à droite et s’est déporté à gauche, ce qui m’a obligé à ralentir un peu. J’ai perdu un peu de temps puis j’ai senti des débuts de crampes arriver mais j’ai tout de même réussi à le passer.

La suite de mon programme commence par le Tour du Luxembourg avant de prendre dix jours de « repos ». Sur le Luxembourg, je ne pense pas faire aussi bien que l’année dernière où j’avais gagné une étape et fini dixième du général. J’espère quand même réussir quelque chose mais je ne bénéficie plus de l’effet de surprise. Je suis beaucoup plus surveillé aujourd’hui.